STOP A412

Le MAPC, mouvement paysan genevois, apporte sa solidarité à toutes les associations et collectifs qui se mobilisent aujourd’hui et depuis de nombreuses années contre ce grand projet inutile. Bravo à toutes les personnes qui luttent actuellement sur le terrain contre les horreurs infligées par Eiffage et face à la répression de la police qui protège des chantiers illégaux. Le chablais doit garder ses terres agricoles, ses zones humides, ses arbres, halte au massacre !

Les luttes paysannes n’ont pas de frontières. Le maintien des terres agricoles genevoises est aujourd’hui plus que jamais contraint par l’application du droit fédéral, et notamment du nombre de Surfaces d’Assolement exigé par la Suisse. Mais les attaques contre la zone agricole et les zones naturelles françaises sont une manière pour les autorités genevoises, qui s’opposent de fait au projet de l’A412, de garder leurs mains propres en renvoyant la problématique de pertes de surfaces agricoles un peu plus loin. Halte au déclassement des terres agricoles ici ou ailleurs !

La fameuse « attractivité » genevoise ne s’est pas arrêtée en même temps que les déclassements de sa zone agricole. Si la A412 devait malheureusement se construire, elle servirait en premier lieu évidemment à Danone. L’autre objectif, rapprocher Thonon de Genève par une autoroute, va mettre le Chablais sous pression pour entretenir le mirage de Genève, notre petite ville qui se prendre pour une grande. La suite de la fable est déjà connue ; il faut plus de logements, d’infrastructures et de routes supplémentaire pour faire fonctionner ce territoire exigu, déjà saturé d’activités du secteur tertiaire qui n’ont jamais nourri personne. Et finalement, saturer une autoroute de trafic pendulaire, pour le plaisir d’Eiffage qui gagnera 8 euros par aller-retour de bagnoles.

En tant que mouvement paysan genevois, nous sommes atterrés que les terres agricoles ne soient pas considérées de la même manière, qu’on soit à Genève ou en Haute-Savoie ou dans l’Ain. Qu’elles n’aient finalement pas la même « valeur ». Que la capacité d’une commune, d’une ville ou d’une région à se nourrir ne puisse pas se réaliser avec les mêmes chances à Gy ou à Veigy, par le simple fait qu’une frontière sépare ces localités.

Durant les 20 dernières années, les trois territoires ont perdu des zones agricoles. Mais Genève a 140 hectares en moins, alors que la Haute-Savoie a cramé 6’000 hectares et l’Ain 7’000. Ramené aux surfaces totales de ces territoires, la proportion reste très inégale, jusqu’au triple entre la Haute-Savoie et Genève. Et ceci sans compter que la pression est d’autant plus forte dès qu’on s’approche de cette fameuse frontière et ses enjeux. Et que par ailleurs une partie des hectares agricoles français sont exploités par des fermes genevoises.

Aujourd’hui nous disons que ces terres agricoles sont aussi importantes à nos yeux que toutes les terres agricoles, et que nous voulons les conserver pour une agriculture paysanne.

Halte aux destructions de terres agricoles !

Retrouvez toutes les informations utiles pour suivre et rejoindre la lutte ici !